samedi 22 octobre 2016

Les petites histoires de l'atelier (3): le représentant, un papier médiocre et un problème de terminologie française ou comment fâcher le typographe.

Avant de commencer, je tiens à préciser que les représentants en papier ne ressemblent pas tous à celui dont je vais vous conter l’histoire. La grande majorité d’entre eux font très bien leur travail ; certains sont devenus d’excellents partenaires et pour d’autres d’excellents amis. Mais, comme vous vous en doutez, il y a toujours une exception. Il y a toujours le choléra de la profession, qui vient vous démolir la baraque et vous faire douter en l’espèce humaine. Le « termite de démonstration » qui vient vous faire perdre votre temps, vous énerver. Et finalement, qui va donner lieu à une page sur ce blog, tout en faisant bien rigoler le stagiaire au fond de l’atelier !

Posons un peu le cadre de cette rencontre au sommet. L’année passée, j’ai eu la chance de participer en tant qu’invité d’honneur au « Rendez-Vous des Créateurs » à la Chaux-de-Fonds. Ce salon réunit les meilleurs artisans de la branche graphique, afin de présenter à un public généralement averti tous les aspects de l’impression et du papier. Avec l’aide de quelques amis, le stand de l’atelier présentait  les diverses possibilités de l’impression typographique, quand bien même certains étudiants me prenaient pour un sérigraphe… Mais cela est une autre histoire ! Les étudiants et leurs demandes particulières, je les garde pour un prochain récit, qu’en dites-vous ? Enfin, je m’égare, donc une excellente exposition en présence de véritables professionnels du papier (des vrais méchants qui s’y connaissent à fond !). Ce fut l’occasion d’effectuer des rencontres enrichissantes, de merveilleux contacts tant professionnels qu’amicaux.

On voit beaucoup de monde pendant ces comptoirs où l’on donne sa carte à tour de bras ; en espérant un petit retour et pourquoi pas, quelques commandes ! Si, si, je vous assure, cela peut arriver !

Mais malheureusement, dans la foule de curieux, on ne fait pas forcément bien la différence entre le client potentiel, la future collaboration productive et l’inutile ; le futur casse-pieds qui viendra vous foutre le moral à zéro quelques mois plus tard dans votre propre atelier.

Tout se déroule le mieux du monde, vous rentrez heureux de l’aventure et vous continuez votre chemin. Les prochains « Rendez-Vous des Créateurs » s’annoncent à Lausanne. Vous vous réjouissez de pouvoir revoir ces excellents maîtres d’œuvre et faire un brin de causette passionné sur ces merveilleux métiers artisanaux. Mais vous aviez oublié entre-temps ce monsieur entre deux âges, presque chauve, avec ses yeux gris, avec qui vous aviez discuté en large et en travers au salon de l’année précédente.
Tout commence par un téléphone :

— Vous vous souvenez de moi ? On s’est vu au dernier salon des créateurs.

— Euuuh, ouiiii, certainement !

Après avoir vu des centaines de personnes, c’est évident que vous vous souvenez que de lui, c’est sûr. Surtout s’il ne se présente pas…

— J’aimerais venir vous trouver dans votre magnifique atelier (et hop, un petit coup de flatterie, afin de se faire bien voir) afin de vous présenter de nouveaux papiers faits pour le Letterpress, mardi à 17 h 30, c’est possible ?

Là, j’aurais déjà dû me méfier, mais que voulez-vous, on est toujours trop gentil la première fois.

— Oui, pas de problème, avec plaisir, venez me présenter ces nouveaux papiers.

Voilà, vous avez mis le doigt dans l’engrenage fatal qui va vous mener à la crise de nerfs. Vous ne le savez pas encore, mais il est déjà trop tard. Le sournois s’est déjà introduit dans votre agenda et vous allez gentiment glisser sur la pente savonneuse qui vous mènera à votre perte nerveuse.

Le jour fatidique arrive, vous regardez votre agenda déjà bien rempli : « Ok, il y a ce représentant pour 17 h 30. J’ai le temps de rencontrer un ami graphiste et je peux encore faire cette petite impression de carte de visite avant qu’il arrive. » 


Eh bien non ! Le malotru arrive avec une heure et demie d’avance ! Mais il ne lui suffit pas de venir en avance ; le cuistre trouve encore le culot de se perdre avec l’aide de son GPS. Il vous téléphone quatre fois, parce qu’il ne trouve pas le numéro de la rue. Vous, tout gentil, vous vous dites : « comme d’habitude, il est monté par l’avenue de Menton. Il n’a pas fait attention en suivant son plan et doit se trouver devant la cathédrale. » Ce sont des choses qui arrivent fréquemment la première fois que vous voulez venir à l’imprimerie en suivant Google Map… Mais vous avez devant vous à un cas rare ; une sorte de malfaisant de classe internationale. Il vous sort tout de go, toujours au téléphone, qu’il se trouve devant votre numéro, mais il ne trouve pas la porte d’entrée ! « ah bon ? » Et vous, comme un bobet, vous allez dehors sur le parvis, et vous vous mettez à regarder à droite et à gauche : personne. L’importun arrive, en plus, à vous soutenir mordicus qu’il est devant chez vous !

— Pardon, monsieur, mais que voyez-vous autour de vous ? Je suis devant mon atelier et je ne trouve personne…

— Je suis devant votre magasin, Copy Trend et en face, il y a un grand bâtiment en travaux et en haut, une église. (QUOI !?! Bon sang, il est en bas du quartier et non en haut, ça commence bien ce rendez-vous !)

Après un bref souffle de lassitude :
— Premièrement, ce n’est pas une église, mais la cathédrale de Lausanne. Et non, vous n’êtes pas devant chez moi, mais devant le magasin de copies numériques. Ma raison sociale est Atelier Typo de la Cité et non Copy Trend. Il vous faut monter la rue de quelques mètres et sur votre gauche vous verrez un escalier. Juste en dessus, une grande enseigne marquée « imprimerie artisanale », c’est là.

Finalement, vous le voyez en train d’arriver à votre hauteur. Il vous passe devant et se trompe de porte pour entrer. Il y a pourtant un panneau « ouvert, bienvenue » sur la bonne porte, mais il souhaite quand même entrer par la vitrine… 

Bousculant votre autre rendez-vous, le voilà arrivé ! Il est tout essoufflé avec son costard acheté au marché aux puces, sans cravate, et même pas une sacoche. La marque, en général, de tout représentant qui se respecte, c’est qu’il a un dossier à votre nom à l’intérieur d’une valise en cuir, et il est tout sourire, prêt à vous faire la réclame. Non, il a tout juste une sorte de truc en papier kraft à moitié chiffonné et gondolé, avec des pages tenues ensemble par une pincette métallique. (Ça promet !) 
Votre ami graphiste, plus rusé que vous, sent le coup venir et se carapate en vitesse. Vous, après la surprise d’une telle arrivée fracassante dans votre univers, vous vous dites que l’on doit pardonner à ceux qui ne savent pas lire un plan et faire bonne impression (sic), et vous l’accueillez comme il se doit.

Un bref petit bonjour et la première affirmation, dont vous ne savez vraiment pas d’où elle sort, vous tombe dessus : 

— Ah ! Cela fait plaisir de rencontrer un compatriote français ici à Lausanne. 
(Ah, où est-ce que vous en voyez un, vous ?) 

— Pardon, monsieur, mais personnellement je suis bien vaudois, né à Lausanne, mon stagiaire est valaisan, et mon chien est anglais. Pouvons-nous passer au vif du sujet, s’il vous plaît ?

— Ah bon !? Oui, bien sûr, je viens vous présenter des papiers faits pour votre métier de letterpress.

Et là, vous savez, vous avez la confirmation que le reste de l’entretien va être difficile ! 

Faisons un arrêt sur image ; voulez-vous ? Je me dois de vous préciser un souci de terminologie française au sujet du métier de typographe. Comme vous le savez, ce dernier est le fait d’exercer la profession de typographe, compositeur et conducteur.

En langue française, nous nous appelons typographes, faisant de la typographie, de la composition et de l’impression du même tonneau. Une mode venue d’on ne sait où, peut-être pour faire tendance, voudrait que l’on utilise un anglicisme sous le nom de Letterpress pour résumer notre profession. Comme si typographe ne suffisait pas !

 Ce mot anglais est la parfaite traduction du métier de typographe, Letterpress en anglais, Buchdruck en allemand. Jusque là, aucun souci, mais par pitié, nous sommes en région francophone, utilisons notre belle langue pour dire ce que l’on veut dire, non ?

Sans être le chantre de la francophonie, et quand bien même, je vais plus souvent qu’à mon tour en Angleterre — pays que j’adore — je suis d’accord d’utiliser les bons termes dans les bonnes régions. En Angleterre  I’m a letterpress printer, mais à Lausanne, je suis typographe !

De plus, ce terme de Letterpress utilisé dans une conversation française aurait plutôt tendance à être fourvoyé pour désigner spécifiquement l’impression avec un foulage extrême et non l’entier de la profession. Donc les gens, non seulement, utilisent un terme anglais pour un métier inventé par un allemand en 1450, mais se bornent à limiter ladite profession à un seul et unique usage ; qui est de forcer la composition typographique à entrer dans le papier afin de le marquer plus que nécessaire.
Certes, c’est une des nombreuses possibilités actuelles d’imprimer en typographie, mais ce n’est pas la typographie en elle même. La typo, vous en conviendrez, est bien plus que cela ! Pourquoi la réduire à une malheureuse technique d’impression ? Bref, c’est un terme à n’utiliser que très rarement en présence de typographe francophone. La langue française est suffisamment riche en termes techniques spécifiques à ce métier sans vouloir encore compliquer les choses avec un terme mal emprunté à une autre langue.

Fin de ce petit aparté, notre gaillard utilise donc d’entrée une mauvaise locution en présence de notre homme et aura inévitablement tendance à aiguiser les nerfs de ce dernier, s’il continue sur cette voie. Mais ce n’est pas un si petit écueil qui va l’arrêter en si bon chemin :

— Oui, je sais ! Vous m’aviez déjà fait la remarque lors de notre dernière rencontre que le terme n’était pas approprié ! (Mais alors pourquoi l’utilises-tu ? Si je t’ai déjà fait la leçon !) Mais, j’ai là deux papiers faits pour le Letterpress (mais ! Continue, ben voyons… ) qui s’appelle les papiers « Letter Karton Press »... (De mieux en mieux.)

Effectivement, ce papier n’est pas trop moche, de couleur crème, légèrement texturée avec une bonne main. Il doit pouvoir faire l’affaire en typo.  

Votre interlocuteur reprend : « Oui, là, vous avez quelques échantillons en 300 ou 400 grammes, je ne sais plus. (Pardon, vous ne savez même pas ce que vous avez dans votre maigre dossier ?) Voulez-vous faire un essai ? »

— C’est tout ! Vous n’avez que ça ? Une feuille de papier en 300 grammes, il y a une gamme complète, vous avez des couleurs différentes, des enveloppes ? 

— Non, c’est tout ce que je distribue, vous voulez faire un essai, on peut le mettre dans la machine ?

Bien évidemment, notre typographe a une machine prête à l’usage, déjà calée et encrée pour recevoir une seule et unique feuille qui ne ressemble que de très loin à de la qualité, comme du papier Gmund par exemple. Surtout que le temps passe, et que notre typographe commence gentiment à avoir le sentiment de perdre son temps.

— Non, non, je n’ai ni une machine prête ni le temps matériel pour le faire actuellement. La presse qui est derrière vous est déjà réglée pour un travail à livrer demain, je ne peux pas me permettre de la dérégler juste pour une feuille de papier. Mais vous pouvez me laisser votre dossier et je regarderai ce que je peux en faire, merci. Ah, les papiers viennent d’Allemagne ! Vous avez une liste de prix ? Les frais de douane se montent à combien ? Est-ce qu’il y a une commande minimum ?

— Ben, ça je ne sais pas. Il faut regarder avec mon collègue en Allemagne… (Pardon ? Vous venez pour essayer de me vendre de la marchandise et vous n’avez même pas le prix ?)

Et là vous vous dites que tout est perdu, si un vendeur ne peut pas vous dire le prix de sa propre camelote, vous êtes sûr que cela va finir par être compliqué. Votre restant de politesse et de contenance commence gentiment à partir avec le peu de foi que vous prêtiez à ce personnage.

— Mais c’est vraiment un magnifique atelier que vous avez là ! (C’est ça, change de sujet ! Je sais bien qu’il est chouette, c’est mon atelier, andouille !) Et toutes ces machines, cela me rappelle une imprimerie en Allemagne. Je fais tout faire en Allemagne. Ils font des choses extraordinaires. Vous connaissez les caractères en plomb, le marquage à chaud ? (Oh mon Dieu, je suis foutu ! Le gars n’a jamais vu une imprimerie de sa vie...)

— OUI ! Vous savez, je le fais également ! (Si tu avais préparé ta séance, tu le saurais. C’est quelle heure ? 16 h 45, mince déjà 45 minutes de perdues !)

— Et ces anciens billets de train, c’est super de les avoir mis là, en exposition !

— Quoi !? (je vais avoir besoin d’un verre bientôt, moi) Non monsieur, ce ne sont pas des anciens billets de train. Ce sont des billets actuels, qui sont toujours valables. C’est ma propre production !

— Ah bon !? Vous êtes sur ! Vous les faites faire chez qui ? 

Dois-je vraiment vous décrire la suite ? Le cerveau de notre pauvre ami imprimeur implose littéralement. Il est l’un des derniers à pouvoir imprimer ces fameux billets edmondson et il reçoit ce genre de remarque de la part d’un soi-disant professionnel de la branche qui est censé connaître ses prospects. La réputation de l’atelier à ce sujet n’est plus à faire, il y a eu assez d’articles de journaux, de publications sur divers réseaux sociaux et même une émission de télévision à ce sujet... À ce moment de cette aventure, tout le monde aura compris que c’est peine perdue, qu’il faut en finir, non?
Et pendant ce temps, le stagiaire, qui est au fond de l’atelier, n’a pas bougé une oreille, trop intelligent pour se montrer et perdre sont temps avec cet énergumène. Il a bien raison. Mais il doit quand même bien rigoler, le bougre !

— Oui mon bon monsieur, les billets sont faits ici ! Et même les chemins de fer fédéraux m’en commandent ! 

— Ah bon ! C’est sympa, mais vous ne les faites pas en letterpress quand même, vous les faites en offset ? (Mais zuuuut ! C’est l’atelier TYPOGRAPHIQUE de la Cité ici ! Pas une laverie automatique, on fait de la typo ! C’est si compliqué à comprendre ?)

Non, non, tout est fait en typo ici, vous savez ! Toutes ces machines sont anciennes et elles sont toutes en état de fonctionner. Et cela me permet de gagner ma vie, vous savez !

Ah bon, vous êtes sur ? Vous êtes français, c’est ça ? (Mais il a quoi avec ma nationalité, celui-là ?)

Non, je ne suis pas français. J’ai bien des origines huguenotes, mais cela va nous égarer dans les méandres de l’histoire familiale, à la révocation de l’édit de Nanteset les guerres de religion…

— À bon ? Enfin, c’est très joli, toutes ces machines et ces appareils. Elles fonctionnent ? Vous les utilisez ? 


Absolument, notre imprimeur et ses amis se sont cassés le dos pendant 11 ans à transporter ses machines, pesants quelques tonnes pour certaines, juste pour le plaisir de les remuer et ensuite de les regarder prendre la poussière ! À ce moment fatidique, notre typo est sûr que la question « qui tue » va être posée. Ça ne manque pas :

— C’est un beau musée que vous avez là ! 

Vous l’avez entendu : le craquement dans le cerveau de notre héros ? Les nerfs ont lâché. Le fusible de la bienséance et de la politesse à fondu. La discussion est partie s’égarer dans la quatrième dimension et vous ne pouvez malheureusement rien y faire.

NAOOOON, p...tain (bordel), ici c’est une imprimerie ! Ces machines me font vivre et me permettent de payer le loyer ! Et non, ce n’est pas un musée, tout fonctionne ! 

Ah bon ?

Bref, la discussion « qui tue » avait glissé sur une pente dangereuse. Avec une suite de « ah bon ! », notre homme de caractères lui a expliqué que oui, les lettres en bois, qui sont dans les meubles là-bas contre le mur, étaient encore utilisées ; que oui, les livres, qu’il avait devant lui, étaient bien imprimés et édités ici ! On peut penser que la discussion allait s’arrêter là. Mais c’était oublié qu’il avait encore un atout dans sa manche pour définitivement faire perdre la boule au pauvre typographe :

Oui, mais enfin avec le letterpress vous ne pouvez pas imprimer toute chose que vous avez en présentation là, les papiers sont trop fins !

Excusez-moi !? 

Ben oui, le Letterpress (ROGNTUDJU !) il faut presser dans le papier, comme mon papier le permet…

Non, mais non Môôsieur ! La typographie ce n’est pas que ça ! Vous savez avec la typo vous pouvez même imprimer sur du papier 20 grammes, faire du recto verso et aussi faire des images en quadrichromie si le cœur vous en dit.

Mais non, ce n’est pas possible ! Impossible !

Mais ouiiiiii, monsieur, comment croyez-vous que l’on faisait avant l’avènement de l’offset ? Gutenberg, il faisait comment ?

À ce moment-là, au fond de la pièce, quelqu’un renverse son café en tombant de sa chaise et étouffe un fou rire : le stagiaire ! Ce planqué ! Va-t-il venir au secours de notre malheureux ? Quel spectacle, il est en train de vivre ; pas besoin de payer une place au cinéma, la comédie humaine est gratuite aujourd’hui !

Monsieur le représentant ! Tout ce que vous voyez ici sort de ces machines (ne me regardez pas avec vos yeux ronds et votre crâne dégarni, comme si je débarquais de la planète mars), c’est moi qu’il les ait produits. Je sais encore de quoi je parle. La typographie nous a permis d’imprimer tout et n’importe quoi depuis 1450, vous savez ! Le foulage que vous indiquez n’est qu’un défaut qui est devenu la marque de fabrique de l’impression typographique ! 

Je ne suis pas sûr de bien vous suivre, le Letterpress

Et là, c’est l’explosion ! La patience à des limites, il faut arrêter les frais. Vous êtes d’accord ?

Dites, vous le faites exprès? Mon bon monsieur, on va arrêter ce cirque, là tout de suite! Laissez-moi votre dossier et je vous tiendrais au courant (ou pas). Au revoir, Môsieur !

Finalement, parti, notre typo est vert de rage, le stagiaire est rouge comme une tomate tellement il rigole... 

Mais la curiosité pousse votre serviteur à la bêtise suprême : le fait d’enlever la pincette pour regarder ce fameux dossier. Là, ce n’est plus racontable ! Ce dossier ! Même le pire des apprentis qui s’est présenté par le passé à l’atelier n’a jamais remis un dossier comme celui-ci. Si vous êtes curieux et que vous le demandez gentiment, peut-être que le typographe sera d’accord de vous le montrer !

En attendant, une tasse de thé préparé par le stagiaire de choc arrive dans les mains de son patron, qui a enfin retrouvé son souffle et une couleur normale. L’heureuse initiative ! Mais bon, un bon verre de gnôle aurait aussi pu faire l’affaire ! Vos nerfs sont en pelote, l’après-midi est perdue et votre confiance en l’espèce humaine est fortement entamée ! Le moral en a pris un coup. Mais c’est sans compter l’amitié indéfectible des cambusiers de la Confrérie des Pirates d’Ouchy qui débarquent au même moment !

Il est presque 19 h… Et l’envie de trinquer avec l’imprimeur-pirate s’est fait sentir chez ces joyeux compagnons. Les voilà avec tout le nécessaire dans leur besace. La tasse de thé est expédiée en vitesse. Le pastis est ouvert, on sort les glaçons et l’eau fraîche. Le stagiaire, décidément très inspiré, est déjà en train de découper le fromage et le saucisson apporté par ces hommes de la providence. Et notre typographe n’a plus qu’à s’accouder à une machine, prendre un verre et verser une petite larme sous le coup de l’émotion, avant de faire santé avec ses nobles âmes qui sont en train de le sauver.

Et bien évidemment, vous leur contez cette mésaventure. Ils ne sont pas sûrs de vraiment vous croire... Votre stagiaire vous regarde l’air de dire que vous en rajoutez un peu. Le pastis rend peut-être notre imprimeur un peu marseillais, mais je vous assure que les faits sont réels !

Et comme toujours à la suite de pareilles péripéties vous avez en tête à l’encontre de ce représentant de l’impossible, ces paroles éternelles : « allez faire comprendre l’incompréhensible à des gens qui n’ont jamais rien compris à rien » ! Santé !

mercredi 23 mars 2016

Les journées européennes des métiers d'art 2016



L’atelier à l’honneur de participer les 15, 16 et 17 avril 2016 pour la deuxième année consécutive aux Journées européennes des métiers d’art.

Sous l’égide du service culturel du canton de Vaud, divers parcours à thèmes vous sont proposés, à travers tout le canton, pour découvrir la richesse de ces artistes, de ces artisans qui par leurs passions font des choses extraordinaires. De la dentelle au tavillon, en passant par la taxidermie et la chapellerie, le programme est riche et passionnant.

Bien entendu, il y a un parcours en relation avec le papier ! Avec Henriette Hartmann, découpeuse, Raynald Métraux, lithographeAdeline Cardinaux et Tessa Wymann, relieuses artisanales, Raymond Meyer, taille-doucier et votre serviteur, venez découvrir ces gens passionnants et passionnés par leur savoir-faire. Les visites se font sur inscription, sur le site des « JEMA Vaud », inscrivez-vous vite !

Les visites à l’atelier vous feront découvrir l’impression typographique à travers l’impression de lettres en bois et de billet de chemin de fer. Chacun pourra se faire la main sur Edwige, la presse à bras de 1840, sur Adélaïde, la presse à billet de 1958, ainsi que sur la dernière arrivée : Géraldine pour un petit texte en marquage à chaud.

Inscrivez-vous rapidement, les places partent vite !








mercredi 23 décembre 2015

Les petites histoires de l'atelier (2): La grand-mère, le typographe et le kilo de carottes

Cela faisait un sacré moment que je ne vous avais pas raconté une « bien bonne » qui est arrivée à l’atelier...

La relation entre un client et un artisan, dans n’importe quelle profession, est toujours source d’histoire : bonnes ou mauvaises, drôles ou tristes. Généralement, c’est toujours un échange entre deux mondes qui ne se connaissent pas. Le but est donc d’arriver à se comprendre et à faire de l’excellent travail en commun. Cela peut être simple ou très compliqué, mais c’est toujours l’occasion de rencontres variées qui forgent avec le temps une excellente relation entre le client et l’artisan. Plus nous parlons entre nous, mieux on arrive au résultat avec le moins d’énervement possible.

La peur que peut inspirer un imprimeur à ses clients, la première fois, est proverbiale. Le mythe de l’imprimeur ronchon qui ne veut jamais faire ce que le graphiste souhaite est tenace, mais c’est une autre histoire. La crainte, donc, est de temps en temps manifeste. La peur de dire une bêtise face à un artisan qui connaît bien son art est normal. Mais un bon artisan sait rassurer et faire entrer dans son monde la personne qu’il a en face de lui. C’est la richesse d’aller chez un artisan : pouvoir discuter directement avec le créateur, comprendre les enjeux de chacun et arriver à un résultat personnalisé qui ravira tout un chacun. Le client comprend mieux les enjeux, les problèmes techniques et peut adapter sa demande plus facilement. Chez l’artisan, on crée ensemble ! Mais de temps en temps, la patience des uns et des autres peut-être mise à rude épreuve, jugez plutôt.

Lors d’une journée portes ouvertes importante, beaucoup de visiteurs se pressent à l’imprimerie afin de découvrir les secrets de Gutenberg. Bien évidemment, dès l’ouverture, des néophytes posent une foule de questions au typographe, qui essaie tant bien que mal d’y répondre le plus clairement et le plus intelligemment possible. Certaines de ces questions peuvent lui paraître simplistes ou un peu bêtes, mais il garde toujours à l’esprit que la personne qui est en face de lui n’est pas un professionnel et ne peut bien évidemment pas tout savoir sur sa passion, sur son domaine de prédilection. Cela fait aussi partie de son job, lorsque l’on fait un métier en voie de disparition. Il faut faire découvrir aux gens son métier, transmettre son savoir, faire découvrir les arcanes de l’impression au plomb. Quand on est passionné, il est toujours difficile de faire preuve d’objectivité. On s’emporte facilement, mais c’est toujours agréable de faire partager son art, normalement...

Il y a toujours un « mais » dans ce genre de journée. Il y a toujours la personne qui fera déborder le vase de notre patience ! Et c’est là qu’il faut faire attention à ce que l’on va dire. On aimerait tellement dire une chose bien sentie, s’en débarrasser et passer à autre chose, histoire de se calmer les nerfs. Mais on ne peut pas ! La personne en face de nous est un client potentiel et l’on ne peut pas lui dire ses quatre vérités en face... Et surtout, il y a du monde autour qui écoute... Il faut de temps en temps faire attention à l’image de marque. C’est parfois dur, mais c’est ainsi. Mais quelquefois, assez c’est assez ! Et les nerfs nous lâchent...

Revenons à notre journée, il faut penser que pour préparer une telle manifestation, le typographe a bossé comme un forçat pendant des jours, avec l’aide merveilleuse de ses connaissances venues lui prêter main-forte. Les journées commencent à 7 heures du matin pour se terminer à 1 h le lendemain matin. C’est long et éprouvant. Arrive le jour J, tout est prêt ! La fatigue se fait déjà sentir, mais notre homme est tout à la joie d’accueillir ses visiteurs et de leur faire découvrir son monde. La journée se passe superbement bien, beaucoup de monde, beaucoup de discussions avec des amis, des clients, des parents, des explications avec les enfants, et des démonstrations à tout va.

Arrive la fin de l’après-midi, l’apéritif avec le buffet où l’on se rue dessus de bon cœur ! On mange, on boit. Les langues se délient. Le typographe relâche un peu sa pression intérieure. Dans quelques heures, on pourra fermer la porte de l’atelier, le sentiment du devoir accompli. Le lit est à portée de main. L’on pourra se reposer après une journée bien chargée. Après de bonnes et intelligentes discussions, on a réussi à transmettre, partager sa passion. La plus belle récompense sera toujours un enfant qui a les yeux qui brillent en voyant une machine de 1840 en action et qui vous dit le plus sérieusement du monde : « je serais typographe quand je serais grand ! » Il a le temps d’y penser, mais cela fait toujours chaud au cœur. Et l’on sait que l’on a réussi à transmettre sa passion au public, que son métier n’est pas mort et l’on suscite encore de l’intérêt. Ce calme relatif est annonciateur de catastrophes. On ne s’en doute jamais. On y pense de temps en temps, mais une si bonne journée ne peut pas virer comme cela en une seconde. Après coup, l’on se dit que l’on aurait pu le prévoir, on ne nous y reprendra pas la prochaine fois ! Mais on se fait chaque fois avoir par le choléra des portes ouvertes, par la mamie tromblon qui va détruire toute cette belle journée en ouvrant la bouche une fois de trop.

Un artisan, quel qu’il le soit, est quelqu’un de passionné, de passionnant, mais il est très susceptible par rapport à son travail. Un artisan peut réaliser tout ce que vous voulez, mais il faut savoir lui parler avec douceur, politesse et intelligence. Autrement, il peut perdre son calme et sa patience et l’on retombe dans le vieux mythe de l’artiste grincheux et incompris.

Cette petite dame, menue, qui a l’apparence d’une gentille grand-mère, on l’a vue arriver ! On ne s’est pas méfié. Une gentille grand-maman qui se balade dans le quartier, certainement à la recherche d’un cadeau pour un petit fils aimant. Mais on a beau la regarder, on commence un peu à se raidir. Cette personne tape dans le buffet de bon cœur, boit son verre comme tout le monde, ne dit rien, n’achète rien, ne dépose rien dans la crousille du repas... « Encore une pique-assiette, dommage, elle avait l’air si gentille ». On se dépêche de penser à autre chose et l’on vaque à ses occupations. Eh bien non, le destin en avait décidé autrement, la dame vient vers notre typo passionné et fatigué pour lui poser la question qui ne fallait pas ! Celle de trop ! Dont la réponse, dans un lieu comme celui-ci devrait aller de soi. On ne pose pas cette question en face du maître des lieux. Ou bien, on la pose à quelqu’un d’autre, un aide de l’atelier, un ami qui saura certainement y répondre sans détruire d’un seul coup le peu de croyance en la condition humaine qui reste à notre sympathique, mais éreinté typographe.

— Que faites-vous ici et à quoi cela sert-il d’utiliser ces vieilles machines à l’heure de l’électronique ?

« À rien, ma brave dame. À RIEN ! » Que voulez-vous répondre à cela ? Cela fait plus de dix ans que vous vous battez tous les jours pour garder un savoir-faire, un patrimoine industriel en état de fonctionner et l’on vous pose CETTE question. Votre fatigue vous joue des tours, vous avez juste envie d’aller vous servir un verre et de passer à autre chose, mais il faut répondre, poliment, rapidement afin de s’en débarrasser au plus vite. Dans votre cerveau, il y a comme un fusible qui se casse, la fatigue sans doute... La perte du bon sens, certainement ! L’envie de ne plus être le gentil typographe-qui-fait-plaisir-à-tout-le-monde, mais d’être juste un être humain égoïste et mal élevé. Comme disait un auteur l’autre jour, le carnet d’escomptes était rempli... Votre patience est au bout et c’est la dernière personne qui remplit le carnet qui paiera pour tout le monde.

Des gens étaient sur le départ, mais d’un coup ils reposent leur veste, vont chercher un autre verre et se préparent à assister à une séance de théâtre digne de ce nom ! Merci les amis...

Votre première envie est de lui dire que cela ne sert à rien, que cela fait 10 ans que vous travaillez comme une bête de somme, tout cela pour rien, c’est simplement pour la faire parler et que cela à bien réussi. Mais vous ne pouvez pas ! Alors vous vous lancez dans des explications-fleuves sur la beauté du métier, la tradition, l’artisanat, etc. Le discours habituel. Mais vous l’avez dit et redit toutes la journée. Et vous en avez un peu ras-le-bol de redzipeter tout le temps, vous voulez avoir un peu la paix. Et quand votre laïus, cent fois répété, cent fois compris, arrive à sa fin, patatras, vous vous rendez compte que la mamie tromblon n’a rien compris... Elle ne voit pas la différence entre un artisan-imprimeur et la photocopieuse à la Migros !

Un moment de doute vous assaille. Mais il faut bien lui répondre... On va lui répondre ! Mais quoi ? Les spectateurs n’en perdent pas une miette, ils ont enfilé leurs lunettes 3D, boivent leur bière et attendent la suite. Le moment que tout le monde attend, quand l’imprimeur va se fâcher. On le connaît, il râle pour un oui ou pour un non dans son atelier. On sait que cela lui fait du bien quand il est tout seul. Aujourd’hui, il a quelqu’un en face, on va rire, c'est sûr. Lui toujours faire ainsi... Mais non, vous ne pouvez pas ! Vous vous dites que malgré tout, il faut essayer encore quelque chose avant d’en arriver à l’inévitable.

Vous essayez alors les petits gags et expressions connues, des métaphores éculées sur le métier, sur les artisans, sur le travail manuel, la beauté du geste. Vous prenez même une expression de votre mentor pour lui faire comprendre en somme qu’ici « on salit du papier », mais on le fait bien !

L’encéphalogramme de la tuberculose en face de vous reste à plat et vos autres invités jubilent. C’est le moment, c’est sûr, il va exploser. Eh bien non ! Une idée de génie vous traverse l’esprit. Ce même esprit qui n’a envie que d’une chose, qu’on lui foute la paix ! La métaphore géniale, celle qui va tout éclaircir dans la tête de la poussive grand-maman : un kilo de carottes !

Tout le monde retient son souffle, tout le monde a vu le sourcil droit de l’imprimeur se lever, signe que tout le monde attend la sortie qui tue ! Et notre courageux bonhomme se lance :

« Chère Madame, prenons un exemple au hasard, voulez-vous ? Vous devez acheter un kilo de carottes pour un repas de famille. Vous avez le choix entre allers au marché chez le petit producteur qui les fait pousser chez lui dans sa campagne du Jorat avec amour. Le cuisiner dans votre bonne vieille casserole avec un bouillon fait maison. Ou alors, aller le chercher chez Aldi, le faire cuire dans une eau saumâtre avec un cube Knorr fade et industriel. Comprenez-vous ? C’est la même chose entre un artisan typographe et Copy Quick. »

Les spectateurs sont surpris, le typo a gardé son calme, caramba encore raté ! Mais l’idée est bonne, tout le monde est sur le point d’applaudir ! Mais la tatie Danièle de service n’a pas fini de surprendre et balance tout de go : « mais chez Aldi c’est moins cher et c’est à côté de chez moi... »

L’implosion est inévitable vous le conviendrez ? La foule en délire retient son souffle, que va-t-il lui faire ? La balancer dans le massicot, partir en hurlant en levant les bras et déchirant son tablier ou encore fermer l’atelier et se faire wattman au tramway de la cordillère des Andes ?

« Eh bien, Madame, je ne peux rien pour vous. Je suis navré, mais si vous préférez Aldi au marché, la photocopieuse au travail fait main, je ne peux rien pour vous et nous allons briser là, voulez-vous !? »

Et vous partez l’air bien décidé, vers la tireuse à bière ! Le public respire à nouveau, un peu déçu que tout cela se soit déroulé dans le calme. Un ami, qui vous veut du bien, vous tend une bière. Ah L’ami fidèle, merci. On l’embrasserait. La paix est en train de revenir sur la terre. Mais il commente la partie. Et là ! Là ! Vous explosez, dans tous les sens ! Un bon gros râle puissant digne des plus grands imprimeurs ! La foule exulte de joie, l’imprimeur a poussé une de ses fameuses beuglantes, les choses reviennent à la normale, le mythe est sauf!  Et tout d’un coup tout va mieux !

Et intérieurement, vous vous répétez inlassablement ces mots d’une illustre connaissance : « allez faire comprendre l’incompréhensible, à des gens qui n’ont jamais rien compris à rien ».

dimanche 13 décembre 2015

Portes ouvertes de la Cité 2015, merci à tous!

Samedi 12 décembre 2015, les commerçants et artisans de la Cité organisaient leur 4e portes ouvertes.Avec animations dans toutes les boutiques et ateliers de la Cité, ce fut un grand succès.



L’Atelier Typo de la Cité n’était pas en reste. Merci à tous nos visiteurs d’être venus nous trouver à l’atelier et d’avoir partagé avec nous leur bonne humeur et le verre de l’amitié, durant cette grande journée.



L’atelier a réalisé des démonstrations d’impression avec « Yvonne », la presse à bras de 1840 et une gravure réalisée par Matteo Dufour. En plus de cela, nous avions 4 auteurs romands présents qui ont verni leurs nouveaux ouvrages durant la journée. Soit Henriette Vogelezang avec son recueil de contes « L’enfant qui voulait voir la mer », Alain Croquelois et son désormais fameux dictionnaire des épithètes de forme ; Ivan Killardson a présenté son coffret de deux livres mystérieux et angoissants et pour finir, l’auteur fétiche de l’atelier Vincent Delay avec son 6e volume des aventures de Toby Sterling, le célèbre détective amateur lausannois, « le Major Davel ne répond plus ».



L’atelier remercie tous les participants qui a permis la réussite de cette journée, les nombreuses personnes qui ont apporté leur aide non seulement durant la journée, mais aussi tous ces derniers jours afin de terminer les livres dans les temps. Nous remercions également A3 Studio pour l’organisation et la communication réalisées pour les portes ouvertes, la Brasserie du Château pour leur bière et Mirage Traiteur pour le succulent buffet.




Merci à tous pour votre soutien à la typographie et à l’artisanat, nous vous souhaitons de bonnes fêtes de fin d’année et n’hésitez pas à nous rendre visite à l’avenir!



lundi 28 septembre 2015

Compositions & impressions pour la Fondation vaudoise pour la culture

Durant ce mois de septembre, un travail un peu particulier à occuper une grande place au sein de l’atelier : la conception des diplômes de la Fondation vaudoise pour la culture.

« La Fondation Vaudoise pour la culture attribue, une fois l’an, des prix à des personnalités vaudoises ou habitant le canton de Vaud. »

 Cette année, neuf lauréats ont reçu un prix, vous trouverez le palmarès sur le site de la Fondation ainsi qu’un article dans le Matin Dimanche.

La Fondation a fait appel à l’Atelier Typo de la Cité pour l’impression de ces neuf diplômes avec comme cahier des charges que tout devait être fait de manière traditionnelle. C’est avec plaisirs que nous nous sommes attelés à la tâche.

Pour commencer, il a fallu redessiner le logo de la fondation afin de créer un cliché ( qui a été réalisé en magnésium ), dessiner également l’écusson du Canton de Vaud afin d’en faire une matrice et une contre matrice de gaufrage. Et ensuite, composer les neuf différents textes manuellement. Je tiens à remercier au passage l’imprimerie Dagon, qui nous a mis à disposition certains gros caractères que l’atelier ne possède malheureusement pas. Tout a été composé au plomb en Garamond, corps 14 pour les textes en monotype, corps 36 et 48 pour les titres, et divers petits corps pour les signatures.







L’impression s’est effectuée sur « Edwige », la presse à cylindre, sur papier BFK Rives ( papier 100 % Chiffon ) de 290 g en deux couleurs. Le gaufrage ayant fait l’objet d’un troisième passage une fois les textes imprimés. Les diplômes ont ensuite été coupés à la main au format final, afin de créer un bord frangé.


Ce travail à demander beaucoup de temps, surtout pour la composition, mais le résultat est au rendez-vous, neufs diplômes « faits main » comme on n’en voit bientôt plus. Ce fut un honneur de les imprimer et de réaliser ce travail de bout en bout sans l’aide de l’informatique !





lundi 14 septembre 2015

l’édition 2015 du Rendez-vous des créateurs reçoit un invité! Les 16 + 17 sept. 2015 à la Chaux de Fonds



Neuf maîtres d’œuvre annoncent la nouvelle édition 2015 du Rendez-vous des créateurs. Cette année, ils ont mandaté le bureau de création lausannois A3 Studio pour organiser et réaliser l’ensemble des éléments de communication de la manifestation.

Évènement annuel, le Rendez-vous des créateurs est l’occasion de rencontrer directement les meilleurs artisans et façonneurs suisses de la chaîne des arts graphiques : Atelier für Siebdruck - Lorenz Boegli, Bastcolor, Bubu, h+m, KMC, Kurz, Papyrus, Sonderegger et Winter&Company.

Durant deux jours, ils partagent avec les visiteurs leur passion et leur savoir-faire dans le domaine du traitement du papier, sous ses différentes formes : découpe laser, flocage, marquage à chaud, gaufrage, sérigraphie, etc.

Unique en Suisse romande, l’évènement se déplace chaque année dans une ville différente. Cette année, il investit le nouveau Centre d’art contemporain de La Chaux-de-Fonds, Quartier Général, un espace industriel du début du XXe siècle classé monument historique.

Pour la première fois, l’édition 2015 du Rendez-vous des créateurs reçoit un invité, l’Atelier Typo de la Cité. Son fondateur, Nicolas Regamey, partagera avec le public sa passion pour les machines datant du siècle passé.

Horaires
        Ouverture de 15h à 21h
        Cocktail à 18 h
  → Entrée libre

Lieu
        Centre d’art contemporain
        Quartier Général
        Rue du Commerce 122
        2300 La Chaux-de-Fonds

      www.rdvcreateurs.ch

Contact
        A3 Studio
        Priscilla Balmer
        Rue Cité-Derrière 12
        1005 Lausanne
        T. +41 21 311 44 30
        P. +41 78 713 99 17
        info@a3studio.ch
      
        www.a3studio.ch

lundi 31 août 2015

Nouveauté pour les paiements à l'atelier


Voilà, c’est fait, l’Atelier Typo de la Cité passe dans le monde moderne... Dès maintenant les paiements par cartes de crédit sont acceptés.
Lors de la livraison, n’hésitez pas à demander de payer l’entier de votre facture par carte de crédit et bénéficiez de ce fait d’un escompte de 3% !


Avec le système mis en place par la société Sum Up, il est devenu extrêmement simple de payer par carte. Tout se passe avec une Application iPhone/iPad et vous recevez directement par mail ou par SMS votre quittance. Simple, instantané & sécurisé !



Les cartes acceptées sont la Visa, Vpay, Master Card, Maestro et American Express. La carte de la poste n’est malheureusement pas encore compatible avec le système.


A la suite de ces changements, les conditions générales de l’atelier ont évolué, n’hésitez pas à les lire sur notre site internet. 


Ce qui change fondamentalement est que tout montant inférieur ou égal à 300 francs, sauf mention contraire au préalable, est obligatoirement payable lors de la livraison, par carte ou en espèce.

Lors de tout paiement à l’atelier, un escompte de 3% vous est offert sur le montant total de votre facture.